Construite entre 1514 et 1550, à l’initiative de l’Évêque de Malaga, Don Diego Ramirez de Villaescusa, la Collégiale royale de Santa Maria la Mayor fait figure de première église de la Renaissance en Andalousie. Ses proportions et la qualité de son tracé en font une œuvre exceptionnelle.

Des éléments du gothique tardif et du plus pur style renaissance (venu d’Italie) s’y côtoient. Le tracé suivit dans un premier temps le style gothique, comme on peut l’observer dans l’abside pour se terminer dans le plus pur style renaissance. La façade grandiose de Santa Maria, réalisée entièrement en pierres de taille provenant de la ville romaine de Singilia, est, à n’en pas douter, la plus imposante d’Antequera. Elle est divisée en trois corps, séparés par des contreforts, dans lesquels s’ouvre pour chacun d’entre eux un portail, celui du milieu étant plus grand que les latéraux. Dans l’attique, se trouve une balustrade aveuglée. En analysant avec attention chacun des éléments architecturaux, on peut se rendre compte de la volonté des architectes de répondre à un nouveau style et de se détacher du gothique. Les pinacles coniques, striés méritent une attention particulière. La décoration de la façade est centrée principalement dans les trois grandes niches en réponse à un tracé décoratif très géométrisant et quelques éléments maniéristes. De nos jours, l’intérieur du temple ne renferme quasiment plus d’ornements ni de retables, car le temple n’a plus vocation de culte. Il s’agit d’un espace où se déroulent essentiellement les concerts et les expositions temporaires. De plan basilical, les trois nefs sont séparées par d’imposantes colonnes d’ordre ionique sur lesquelles s’articulent cinq arcs en plein cintre de chaque côté décorés de perles. Pour obtenir une hauteur plus importante dans la nef centrale, des arcs de décharge ont été disposés à la manière d’un triphorium aveugle.

La chapelle principale de plan rectangulaire, très profonde est couverte de voûtes de style gothique-mudéjar qui dessinent deux grandes étoiles de six et huit pointes. Les grandes fenêtres de style florentin favorisent la clarté et la luminosité, et mettent en relief l’italianisme de l’intérieur. Le reste des chapelles de cette collégiale ouvertes sur les bas-côtés toutes indépendantes répondent à des styles et des époques différentes. Il faut mentionner également les trois charpentes mudéjares qui couvrent les nefs construites un peu avant 1550. La nef principale est de plan rectangulaire. Les charpentes des nefs latérales sont octogonales et suivent le même tracé que celui de la nef centrale.